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La perception d’un fromage est complexe. Elle concerne à la fois la
connaissance du produit et le plaisir qu’on a à le déguster. Les
caractéristiques organoleptiques du fromage :
L’apparence
En regardant l’extérieur et la tranche de fromage, certaines
caractéristiques visuelles apparaissent. Ce peuvent être soit la
couleur, soit une surface plus ou moins rugueuse ou humide, soit des
déchirures, soit des yeux de forme variable ou des cristaux.
La
texture
Pour certains produits alimentaires, les qualités organoleptiques se
résument principalement à une texture très particulière. Les chips ont
une texture croustillante, les bonbons à gomme arabique sont élastiques
: pour le fromage, la situation est rarement aussi tranchée. Dans la
bouche, les fromages sont soumis à un grand nombre de déformations et à
l’effet de la salive. En bouche, la texture évolue en permanence. Elle
est analysée par des récepteurs sensoriels. L’élasticité, la
fermeté, la friabilité et l’adhésivité sont des caractéristiques
mécaniques. La perception des grains, en fin de mastication, renseigne
sur les caractéristiques géométriques de la pâte. Sont-ils fins,
farineux, sablonneux ou granuleux voire grossiers ? Y a-t-il présence de
cristaux ? Les grains sont-ils solubles, à quelle vitesse ?
Votre perception de la texture du fromage vous permettra de donner votre
appréciation de sa pâte.
Le
monde des odeurs, des arômes, des saveurs et des sensations trigéminales
Pour éviter toute ambiguïté, on parlera de l’ensemble des
sensations olfactogustatives. Il s’agit principalement de distinguer
votre appréciation de la saveur de celles de l’odeur et de l’arôme.
L’odeur est une propriété organoleptique perceptible par l’organe
olfactif en flairant (avec le nez) certaines substances volatiles.
L’arôme est une propriété organoleptique perceptible par l’organe
olfactif par voie retronasale lors de la dégustation (le produit est en
bouche).
La caractérisation des odeurs et arômes est basée sur une sélection de
différents descripteurs. Un groupe de responsables de l’analyse
sensorielle des fromages a travaillé 3 ans sur ces descriptions dans le
cadre d’un programme européen (AR 2039) (guide d’évaluation
olfacto-gustative des fromages à pâtes dures et semi-dure, 1997, F.
Bérodier, P. Lavanchy, M. Zannoni, S. Casals, L Herrero, C. Adamo). Ce
travail regroupe quelques 75 descripteurs dans les familles suivantes :
lactique, végétal, floral, fruité, torréfié, animal, épicé et
autres. C’est donc principalement par les cils olfactifs que la
complexité des caractéristiques d’un fromage est perçue.

Les
saveurs sont des sensations perçues par l’organe gustatif (la
langue) lorsqu’il est stimulé par certaines substances solubles. Il y a
quatre saveurs : sucrée, salée, acide et amère.
Les sensations trigéminales englobent des sensations recueillies
dans la cavité buccale ou à l’intérieur du nez, mais qui ne
proviennent ni des papilles gustatives ni des cils olfactifs. Ces
sensations s’accompagnent de picotements, de contractions, de chaleur,
de fraîcheur. Elles se nomment par exemple : piquant, astringent,
brûlant, rafraîchissant.
L’arrière-goût est une sensation olfactogustative qui apparaît
après l’élimination du produit et qui diffère des sensations perçues
lorsque le produit était en bouche.
L’impression
finale
A la fin d’une dégustation, il est intéressant de chercher à
caractériser globalement l’impression finale en bouche. Dans ce cas, la
persistance, souvent complexe, associant à la fois arômes, saveurs
élémentaires et sensations trigéminales, est évaluée par la durée
des sensations. Elle peut être plus ou moins longue ou intense.
Cette impression finale peut utiliser un vocabulaire hédonique :
agréable ou plaisant ou déplaisant.
La
dégustation est une leçon d’humilité !
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